Hier soir donc pendant la pause de cours de dessin technique, j’étais descendue en salle informatique où traînent toujours des documentations variées. Je surfais sur le net, et là une amie me tend alors un petit livre d’information sur les drogues et les dépendances accompagné d’une carte avec des numéros de téléphones en cas de besoin. Cela faisant, elle me dit en rigolant : « Tiens, c’est pour t’aider à ta désintoxication ». Merci, tout le monde n’était pas encore au courant que j’étais une ancienne junkie en pleine cure de désintox. (Euh je tiens à préciser que j’écris ça également au second degré hein). Je garde donc le bouquin car ça peut toujours être intéressant de se documenter.

Quel rapport avec mon radiateur ? J’y viens, j’y viens. Je dresse la scène, je mets en condition le lecteur.

Rentrée chez moi, je ressors le bouquin pour le ranger dans un tiroir de mon bureau. La petite carte par contre va aller directement à la poubelle. Je me lève, me dirige vers ladite poubelle, enjambe mon nouveau super radiateur télécommandé, jette ladite carte dans la poubelle. Mais c’est alors que le drame se produit. Au moment de revenir, j’effectue un demi tour sur moi même, lève la jambe pour enjamber le radiateur. Mais pas assez apparemment car dans un bruit net et surprenant, le radiateur chût en avant, entraîné par mon peton que j’avais eu la paresse de ne pas lever plus.

Un peu interdite de ma maladresse, je relève le radiateur, pour constater qu’il s’est éteint. Qu’à cela ne tienne, je le rallume… sauf qu’il ne veut pas se rallumer. Le petit écran de commande reste affreusement muet. Je l’éteint, je le rallume, je le débranche, je le rebranche, rien n’y fait. Mais qu’ai-je fait ? Aurais-je tué mon radiateur ? Comment annoncer cette terrible nouvelle à ma proprio (qui déjà n’a pas apprécié le préavis pour mon futur départ) ?

« Bonsoir madame ! Vous allez bien ? C’est idiot, mais… comment dire… il se trouve que… par le plus grand des hasard… et par ma plus grande maladresse j’en conviens… » Non je ne peux pas.

Petite parenthèse : Y’a pas à dire, mais ces petites bêtes là, avec de l’électronique et tout, c’est fragile. Un malheureux petit choc et pof, ça se sent mal, voir ça périclite. Mon ancien radiateur, celui de la guerre 14, je pouvais shooter dedans, ça ne lui faisait strictement rien, limite il me répondais « même pas mal ». Fermeture de la parenthèse.

C’est à ce moment que je me mis à parler à mon radiateur. Vous n’avez jamais parlé à votre radiateur ? Ca paraît idiot, je sais, mais dans ces moments là… Je me penche vers lui et lui susurre à… l’oreille ?: « s’il te plait ne sois pas mort, je t’en prie reviens, si tu reviens je te donnerai toutes les figurines Chocapic que j’aurai ! » Ceci accompagné du branchement/débranchement, allumage/extinction. Et me croirez vous ou pas, le miracle se produisit, il se ralluma ! J’étais tellement contente que j’ai failli l’embrasser. Mais je me suis souvenu que ce n’était qu’un radiateur. Tout ça à cause de la carte que je suis allée jeter.

Morale de l’histoire ? La drogue, c’est aussi dangereux pour les radiateurs.

RadiateurVous ne saviez pas que les radiateurs pouvaient ressusciter ? Moi non plus, jusqu’à hier soir.